Philippe Poupet nous montre 2 facettes de son travail : un ensemble de dessins récents, pièces uniques et lithographies, et une série de 7 photos prises dans le nord du Mexique, aux paysages désertiques. Les "pieds tanqués" (1), ancrés, dans l’histoire de l’art et de la sculpture, Philippe Poupet accommode sans complexe les savoir-faire, les techniques et les matériaux d’hier et d’aujourd’hui. Alliant rigueur et trouvaille, invention et aventure, détournant les procédures, poussant les procédés parfois jusqu’à l’absurde, c’est à la production de formes issues "d’un monde en creux" tel qu’il l’énonce, que l’artiste s’attache. Attentif aux temps hétérogènes qu’il convoque (celui de l’art n’est ni celui de l’Histoire ni celui de la fiction), aux concepts qu’il dérange, aux territoires physiques et théoriques qu’il explore, l’artiste est ce joueur qui remanie
sans cesse la règle du jeu.
Extrait du texte d’Isabelle Delamont, in catalogue « Effet rétro, la liberté ou les boules ? »/...
Philippe Poupet est un aussi artiste voyageur, attentif au monde et à ses contemporains. Ses longs et réguliers séjours au Mexique, comme sa pratique quotidienne du dessin, sont animés par le désir de laisser les surprises advenir, en prenant pour cela le temps nécessaire. Son protocole de dessin collectif intitulé Repriser, invitation à tisser ensemble et à main levée de foisonnantes trames de lignes zigzaguant sur les murs et les plafonds, en est une vivante illustration. Il y a du plaisir partagé dans toutes ces expériences, un souci constant d’être en dialogue avec la matière, le geste, l’altérité et la réalité dans laquelle elles surgissent, tels de réjouissants désordres.
[...] Marc Vernier, octobre 2023
(1) ou « pés tanqués », en Occitan : les pieds joints et ancrés sur le sol, posture qui donnera son nom à la pétanque.
Pour son exposition à Bazart, l’artiste nous montre deux facettes de son travail. Un ensemble de dessins récents, pièces uniques et lithographies numérotées ornent les murs du café. À l’étage, une série de 7 photographies relatent un travail réalisé en 2023 dans le nord du Mexique aux paysages désertiques, où Poupet a abandonné des sculptures. Il part ainsi à la recherche d’un nouveau socle, d’une géographie qui soit à la fois matière et geste, capable de prolonger les intentions qui motivent sa pratique de sculpteur. On peut en juger en levant la tête vers la pièce qui couronne l’exposition : Parafond, une sculpture qui met en scène un moment peu montré dans l’art, tranquille ou menaçante, comme un nuage...